Pot à tabac

Restauration d'un pot à tabac

Les 9 et 10 novembre derniers, l’équipe du musée a participé à une formation de mise en conditionnement d’objets de collection afin de préparer au mieux le déménagement vers nos futures installations. Une chaîne opératoire a été mise en place afin d’assurer le transit de chaque objet dans les meilleures conditions possibles : vérification de l’identification de l’objet, marquage, constat d’état, dépoussiérage, listes de colisage et mise en caisses.

Nos collections sur le tabac figurent parmi les premières à être emballées. Des conditionnements adaptés pour les nombreuses pipes, tabatières et pots à tabac ont été créés selon des normes définies et du matériel d’emballage adéquat.

Conservation

Parallèlement à la mise en caisse des collections, un chantier de restaurations se déroule au sein même de nos infrastructures. Jean-Charles Favier, restaurateur d’objets d’art et archéologiques, spécialisé dans le traitement du verre et de la céramique s’est attelé à la restauration d’un pot à tabac en terre cuite vernissée aux couleurs nationales.

Cette céramique (7_2394) présente trois bandes horizontales aux couleurs du drapeau belge. Il porte également l’inscription « 1830-1930 », en souvenir du centième anniversaire de l’Indépendance de la Belgique.

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La particularité de cet objet était une mauvaise restauration antérieure. En effet, de nombreuses traces de colle jaune, formant des « bourrelets » étaient visibles sur l’entièreté du pot. Il est peu probable qu’un restaurateur professionnel ait réalisé ce collage. Nous pouvons plutôt envisager une manipulation de la part du propriétaire. C’est une information importante sur la manière de vivre des gens de l’époque : les objets n’étaient pas jetés mais bien réparés et réutilisés. Après réflexion, l’équipe du musée et le restaurateur ont décidé de procéder à cette restauration. Pour des questions de sécurité/fragilité mécanique de l’objet mais également par souci esthétique.

 

La restauration a donc débuté par une dé-restauration ! La première étape consiste à créer une atmosphère complètement fermée. Le pot à tabac est mis à poser dans un seau clos hermétiquement avec une atmosphère remplie d’acétone.

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Après plusieurs heures de confinement, l’acétone a permis à la colle de se ramollir et par endroits, de disparaître. Il est donc plus aisé de retrouver les tessons tels qu’ils étaient au moment de la casse, avant la « mauvaise » restauration. Les restes de colle sont nettoyés à l’aide d’un pinceau imbibé d’acétone afin d’en enlever toute trace. Le but est de retrouver des cassures nettes, qui s’emboitent les unes dans les autres pour permettre une restauration la plus juste possible.

Un « éclaté » de la céramique est effectué. On positionne chaque tesson l’un par rapport à l’autre afin de distinguer les différentes parties dont on dispose.

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Les tessons sont collés les uns aux autres à l’aide d’une colle plus ou moins diluée. Elle est appliquée sur l’arête du tesson à l’aide d’un cure-dent.

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Les deux tessons sont ensuite maintenus l’un contre l’autre. Afin de les empêcher de bouger, la cassure est consolidée avec des morceaux de scotch ou de ruban adhésif plus épais.

Pour maintenir les tessons ensemble et garder la forme initiale du pot, on l’entoure d’élastiques.

Une fois la pièce séchée, les restes de colle sont enlevés à l’aide d’un scalpel. Le pot est ensuite nettoyé avec un chiffon microfibre ou un coton imbibé d’eau afin d’y enlever les éventuelles traces de doigts.

Pot

 

 

La restauration est terminée ! La résistance mécanique du pot n’est plus menacée. A l’avenir, si besoin est, l’étape du bain d’acétone pourra être renouvelée. En effet, la restauration est complètement réversible !

Gwenaelle Robert (responsable collections) - +32 (0)56 860 467 - musee.collections@mouscron.be