La pharmacie Kint

La pharmacie Kint

En juillet 2000, le Musée sauvait de la démolition la pharmacie Charles Henri Joseph Kint, rue de l’abbé Coulon à Mouscron. C’était sans imaginer que les travaux de démontage/remontage dans le Musée rue des Brasseurs allaient se répéter 16 ans plus tard, vers nos nouvelles infrastructures.  L’occasion nous est donc offerte de retracer succinctement l’histoire de cette pharmacie.

Ayant obtenu le grade de pharmacien en 1902 à l’Université de Gand, Charles Kint décide d’installer son officine à Mouscron, dans une aile de la maison-commerce (épicerie) de ses parents, à l’angle de la rue de Rome et de la rue des Anges (actuellement rue de l’Abbé Coulon). Le jeune pharmacien n’avait alors que 25 ans et tout l’avenir devant lui.

Figure 1 - devanture de la pharmacie Kint avant démolition de la maison en 2001 – Inv. 3_786 (3) >

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A l’âge de 32 ans, le pharmacien convole en justes noces avec Laure Vandendriessche de 12 ans sa cadette.  Le couple part en voyage de noces, à Lourdes, et vit ensuite un drame.

La santé de Charles Kint se dégrade rapidement.  Il décède le 10 juillet 1911, laissant une épouse et une famille complètement anéanties.

En guise de mémoire, la pharmacie est conservée intacte durant plusieurs générations, seuls les volets restent clos.  Les Mouscronnois avaient oublié depuis bien longtemps l’existence de cette officine.

< Figure 2 - image mortuaire de Charles Kint - Inv. 1_23866

Avec la construction de la maison de repos « Les Orchidées », la propriété Kint-Selosse est frappée d’expropriation afin de redessiner l’îlot entre la rue de Menin et la Rénovation urbaine et y aménager un parking.  Les responsables du Musée sont contactés afin de sauver le mobilier de la pharmacie et pérenniser la mémoire de Charles Kint !  Lors de notre visite, le comptoir, les étagères, le brise-vue, quelques livres de préparation et bocaux étiquetés… offrent un véritable plongeon au début du 20e siècle.

 

Figure 3 - état de la pharmacie dans la rue de l'abbé Coulon en l'an 2000 - inv. 3_786 (2) >

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Figure 4 – 1971 la grande propriété Kint-Selosse vue depuis la place G. Kasiers, entre la teinturerie Crommelynck (juste démolie) et la résidence des Jardins.  La pharmacie se situait à droite au rez-de-chaussée, derrière les fenêtres murées.  Inv. 1_17065 (1)

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Juillet 2000, ce patrimoine mobilier est récupéré au sein de son écrin d’origine.  Il est constaté que les lambris et les vernis ont subi les affres de l’humidité. Les délais de démontage étant très serrés (quelques semaines durant les vacances d’été), appel est fait auprès de Paul Renard, alors ébéniste indépendant. Le défi majeur sera d’adapter le mobilier aux dimensions d’une salle rectangulaire (1er étage du musée) alors qu’il avait été conçu pour occuper un espace trapézoïdal.  Les ornements dorés sont remis en état par Robert-Alain Cattaux du Centre culturel Marius Staquet.

Figure 5 – Robert-Alain Cattaux occupé à la remise en état des ornements dorés de la pharmacie. Inv. 3_786 (7) >

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Figure 6 - la pharmacie reconstituée au premier étage du Musée - 3 rue des Brasseurs – octobre 2001

Fin octobre 2017, Paul Renard, devenu régisseur des collections au Musée depuis 2012, se remet à l’ouvrage pour déménager une seconde fois la pharmacie ! Pour cette opération, il est aidé par deux élèves en 7e ébénisterie de l’institut Saint-Luc de Tournai, Félix Spriet et Antoine Vandaele.  La coordination est chapeautée par Anne-Stéphanie Etienne, restauratrice désignée pour toutes les interventions sur les collections bois du Musée suivant le marché du chantier des collections

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Merci aux stagiaires pour l’aide efficace apportée lors de cette nouvelle installation et à leurs tuteurs, Paul et Anne-Stéphanie.