La femme aux chandelles

La femme aux chandelles de Georges Derycker


 

Femme aux chandelles

À la mi-septembre, certains Mouscronnois se rendaient à Aalbeke, en l’église Saint-Cornil (Saint-Corneille en français), pour prendre part au pèlerinage implorant la protection des enfants contre certaines maladies (principalement les convulsions) et des animaux domestiques. Les jeunes pèlerins accompagnaient leurs parents dans ce périple.

Les croyants effectuaient trois ou neuf fois le tour de l’église en priant et en recevant la bénédiction du prêtre.  Ensuite, chacun allait se réconforter au cabaret et savourait des « couques aux rojains » ou des « talibures ». On ramenait aussi à la maison des « mastèles », petits pains ronds, plats, croquants et bénis, distribués aux gens et bêtes de la famille en guise de protection.

Au premier tiers du 20e siècle, sur le chemin menant de Mouscron à Aalbeke, les pèlerins croisaient « la femme aux chandelles ». Le peintre mouscronnois Georges Derycker (1895-1981) a immortalisé ce témoignage de notre patrimoine immatériel.

La dame âgée, le regard perdu derrière ses lunettes, est assise le long d’un bas-côté du chemin. Elle est vêtue d’une longue robe noire, d’un tablier bleu, d’un châle et porte un bonnet « du dimanche ». Elle prie, tenant entre les doigts un chapelet. À ses pieds reposent un coffret supportant une assiette garnie de quelques pièces de monnaie et des boîtes de bougies. Sur sa gauche, trois rangées de cierges, allumés et disposés dans la terre, complètent la scène.

Femme aux chandelles

Il est rapporté que « la femme aux chandelles » se postait-là pour inviter les pèlerins à brûler une chandelle, sans poursuivre leur route jusqu’à Saint-Cornil. En effet, contre un sou, le cierge et les prières récitées satisfaisaient tout autant le bon saint....

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Cette huile sur toile, offerte en 1953 par Georges Derycker au Musée, a bénéficié en mai 2016, dans le cadre de notre chantier des collections, d’une restauration par Christine Trescartes. Le temps et les conditions d’exposition avaient rendu la couche picturale plus sombre. Des accrocs et éraflures altéraient également la toile.

 

Le cadre et la partie arrière de la toile ont été dépoussiérés au moyen d’un aspirateur spécialisé.

Après avoir sécurisé la couche picturale à l’aide de papier japon, il est aisé d’y intervenir sans risquer de la détériorer davantage. Une colle permet de refixer les écailles de la peinture et un mastic comble les vides. Un fer chauffé, appliqué par l’arrière, supprime les éventuels « plis » dans la toile. Celle-ci est ensuite retendue à l’aide de pinces et d’agrafes adaptées.  Finalement, les clés du cadre sont correctement refixées aux encoignures.

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Le décrassage, intervention de restauration la plus visible à l’oeil, consiste en la suppression des salissures accumulées sur le vernis. Des retouches à l’aquarelle ont été portées par endroits. La « femme aux chandelles » a maintenant retrouvé toutes les nuances de couleurs, les reliefs de matière et l’éclat si caractéristiques de la peinture à l’huile. Observez donc le visage de la dame : chaque trait marquant son caractère, ses rides aux commissures des lèvres, ses joues couperosées, ses sourcils gris fournis... La lueur des flammes des cierges et la luminosité du ciel contrastent dans la dominante foncée du tableau.

N° inventaire : 3_62



La restauration de cette huile sur toile est financée grâce au soutien de la Fondation Roi Baudouin, fonds Claire et Michel Lemay.

 

Si vous possédez des informations concernant ce tableau, Georges Derycker ou encore les processions à Saint-Cornil, n’hésitez pas à nous contacter !

Gwenaelle Robert (responsable collections) - +32 (0)56 860 467 - musee.collections@mouscron.be

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