Les bottes du cantonnier

Les bottes du cantonnier

Le cantonnier était un ouvrier chargé de l’entretien des chemins vicinaux et routes de la commune. Il devait veiller à ce que leur état soit satisfaisant en toutes saisons. À cet effet, il assurait l’écoulement des eaux, enlevait au rabot ou à la pelle les boues, balayait la poussière, déblayait les neiges et débarrassait les chaussées des pierres.

 

L’ouvrier portait aux pieds de solides bottes en cuir. La chaussure est un sabot fermé dont la semelle inférieure est cloutée afin de renforcer la solidité du bois. Le coup de pied est garni d’un cuir très épais qui monte jusqu’au sommet des mollets.

Le musée possède une paire de ces étonnantes bottes. Elles ont été tout récemment restaurées par Ingrid Léautey.

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Ce qui frappe au premier coup d’œil est l’importante déformation subie par le cuir. La taille des guêtres, ainsi que le poids du matériau, ont provoqué un affaissement vers l’avant. La botte s’est inclinée en subissant des « bourrelets » cassants et une déchirure de la couture du talon. Afin de remédier à ce problème, une mise en forme a été conçue pour redonner une apparence naturelle aux bottes et surtout en pérenniser l’état de conservation. Le choix s’est porté sur une forme intérieure sur mesure en mousse polyéthylène et papier de soie.

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Le cuir s’est rigidifié avec le temps, l’utilisation, les produits de nettoyage et les deux bords se sont écartés. Un doublage en polyester de la couture permet de stopper la progression de la déchirure et d’assurer la stabilité mécanique de l’objet. Quelques petites retouches à la peinture acrylique atténuent l’intervention de restauration.

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Quant au travail sur le cuir, il s’est limité à un simple dépoussiérage à l’aspirateur et au chiffon microfibre lisse. L’intérieur des bottes a été partiellement dépoussiéré en raison de la présence de la semelle en bois.

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Les collections d’ethno-logie nous parlent en  laissant des messages de leur utilisation par l’homme. Ces bottes de cantonnier en sont un parfait exemple ! On y remarque l’usure du temps et certaines caractéristiques bien particulières. Ainsi, la semelle cloutée conserve des traces de terre mêlée à des graviers et de la paille, preuve évidente des longues heures passées à l’entretien des chemins. Lors de la restauration, le choix a été pris de ne procéder à aucun nettoyage de la semelle afin de conserver toutes les traces d’usage qui confortent les informations ethnologiques sur ces bottes.

Avant

Après

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