Il était une fois,... Le Musée

Il était une fois...

1emusee« Il serait du plus haut intérêt pour la ville que celle-ci possédât une bibliothèque communale [...] avec salle de lecture.

Celle-ci contribuerait grandement à relever le niveau intellectuel de nos concitoyens et permettrait à ceux qui ont le goût des choses de l’esprit de favoriser leur penchant et de le satisfaire. [...]

Dans la salle de la bibliothèque pourrait être aménagé sans grands frais, un petit musée folklorique dont les différentes pièces qui le constitueraient seraient, par exemple, réunies dans une vitrine murale.

Beaucoup de choses précieuses sont perdues, jetées ou inemployées parce qu’il manque ici un organisme destiné à les collectionner et à les mettre en valeur.

Ce qui, pourtant, serait susceptible de provoquer chez nos concitoyens un respect plus grand des choses du passé et d’entretenir le culte des traditions locales. [...] Commençons modestement, mais commençons ! »

Extrait du courrier de Léon Maes adressé au Bourgmestre Joseph Vandevelde le 31 octobre 1938.

La Seconde guerre mondiale a malheureusement retardé la concrétisation de ce beau projet et contrairement aux avis tenus par Léon Maes, c’est d’abord le Musée de Folklore qui verra le jour dans l’ancien café du Centre, sis à l’angle des rues de la Résistance et de Tourcoing.

Lors de l’inauguration, le 26 septembre 1954, quelque 986 pièces constituaient la première collection ! Malheureusement, le Musée perdra rapidement son créateur et protecteur : Léon Maes décède en 1956.

Georges Vandermeulen reprend le flambeau et lance dans la presse locale ce simple avis : «Videz vos greniers, fouillez dans vos archives et apportez-les nous !». Chaque semaine, le journal local « Nord-Eclair » publie les «Propos sur le Musée de Folklore» et énumère les dons venant enrichir les collections du Musée. Rapidement, les locaux se font trop petits.

MuseeEn 1978, l’administration communale de Mouscron décide d’aménager la maison de l’ancien directeur de l’école communale du Centre, rue des Brasseurs. Le Musée prend un nouveau profil visant une meilleure présentation des collections et un aménagement plus soigné des ensembles reconstitués.

La réouverture au public eut lieu le 25 octobre 1980. La présence d’un personnel communal permanent permet d’élargir le rôle culturel et pédagogique de l’institution. Son évolution vers une organisation scientifiquement structurée répond aujourd’hui aux normes muséales fixées par la Communauté française de Belgique.

Léon Maes

Leon(°Tourcoing 1898 - + Mouscron 1956)

Né en France de parents flamands, Léon Maes exerçait le métier de greffier de Justice de Paix à Mouscron.

Il a peuplé ses loisirs solitaires de lectures, de recherches et œuvra en serviteur de sa cité en publiant de nombreuses monographies locales : Histoire de Mouscron, Les gildes de Mouscron, Le château seigneurial, A propos du sceau de la ville de Mouscron, L’affaire du Risquons-Tout, Toponymie de Mouscron et de son canton.

En tant qu’humaniste, il était conscient de la position de Mouscron, ce coin de Flandre wallonne qui avait tant besoin de marquer ses racines afin de ne pas subir l’absorption linguistique.

Mais, l’œuvre capitale de Léon Maes consiste en ses recherches dialectologiques et folkloriques. Sa collaboration avec Jean Haust et Elisée Legros permit de mener à terme un travail conséquent sur Le patois mouscronnois (lexique et grammaire).

Son Folklore mouscronnois est une intéressante étude de la vie populaire locale. Plusieurs chapitres ont d’ailleurs été publiés dans les Enquêtes du Musée de la Vie Wallonne et ensuite dans le bulletin trimestriel du Musée de Folklore, Terroir.

Le recueil de Chansons populaires de Flandre wallonne, mené conjointement avec Maurice Vaisière, recense 420 chansons, cris et formulettes avec soin de noter les paroles, la mélodie et la fonction.

Tous ces ouvrages ont offert aux Mouscronnois les notions d’enracinement, d’identité, d’amour du terroir et ont abouti à la création du Musée de Folklore.